Au terme d'un match spectaculaire, l'Equipe de France a achevée sa préparation par une victoire contre une très dangereuse équipe de Colombie (1-0). Toujours aussi solides défensivement, les coéquipiers de Franck Ribéry ont pêchés dans la finition malgré de très belles combinaisons.
Il flottera ce soir au Stade de France comme une ombre encombrante. Une incertitude qui pourrait faire passer au second plan la performance des Tricolores face aux Colombiens. Car les Bleus seront orphelins de leur capitaine, Patrick Vieira. Un guide aux 105 sélections, au volume de jeu impressionnant, un vrai leader dont l'absence se prolongera au moins jusqu'au match face à la Roumanie. "Un joueur blessé à côté du terrain, ça perturbe toujours. Et puis là, c'est un joueur à 105 sélections, capitaine de l'équipe (...) A J-7, j'ai connu situation en interne plus simple à gérer", a reconnu Raymond Domenech ce lundi. Statistique rassurante, depuis la Coupe du monde 2006, sans Patrick Vieira, les Bleus n'ont jamais perdu.
Le sélectionneur a de la ressource pour palier au forfait du joueur de l'Inter Milan. Ainsi, Jérémy Toulalan sera associé à Claude Makelele. Sur ce qu'il a démontré en club cette saison ou en sélection lors des éliminatoires, le joueur de l'Olympique Lyonnais a les épaules assez larges pour supporter le poids de l'héritage de Patrick Vieira. Cette rencontre face à la Colombie aura donc valeur d'ultime répétition générale avant le début des hostilités face à la Roumanie dans six jours.
Karim Benzema s'installePour Jérémy Toulalan donc mais pas seulement. Autre motif d'inquiétude, le secteur défensif. William Gallas n'a plus joué depuis un mois. Absent face à l'Equateur et au Paraguay, il sera aligné ce soir dans l'axe tout comme Lilian Thuram, préservé face au Paraguay. A 36 ans, le défenseur du FC Barcelone sort d'une saison tronquée par les pépins physiques et autres performances moyennes. Ce soir, la charnière des Bleus sera scrutée avec la plus grande attention. La performance de Willy Sagnol retiendra également l'attention. Il fera son retour sur l'aile droite de la défense tricolore après l'intérim plutôt réussi de François Clerc. Un faux-pas de l'arrière-garde et sûr que le tournoi continental ne sera pas aborder avec la plus grande sérénité. "Au niveau de l'état de santé, j'ai plus de préoccupations défensive qu'offensive", a indiqué Raymond Domenech. "Pour moi, l'assise d'une équipe, c'est son assise défensive, car une équipe fragile derrière peut avoir quelques soucis".
Seule incertitude dans le secteur offensif : qui accompagnera Thierry Henry en pointe face à la Roumanie ? Le onze aligné par Domenech face à la Colombie devrait lever le voile sur la question. Au vue des mises en place tactique testées ces derniers jours, Karim Benzema tient la corde. La perle de l'Olympique Lyonnais devrait démarrer ce soir. Plus qu'une alternative, Karim Benzema est devenu sans doute une nécessité depuis sa prestation contre le Paraguay. Nicolas Anelka, étincelant en qualifications, fera donc les frais de l'ascension fulgurante du jeune rhodanien. Face à la Colombie, l'objectif affiché sera de retrouver de l'aplomb et de l'assurance avant de plonger dans l'incertitude de la compétition : "On doit prendre de la confiance et gagner ce match pour bien entrer dans l'Euro", confirme Florent Malouda. Et lever les dernières incertitudes qui planent au-dessus des Bleus.
Contre le cours du jeu l'équipe de France se donne de l'air suite à une faute de Zapata sur Thierry Henry dans la surface. Monsieur Dean indique le point de penalty et Franck Ribéry, nouveau patron des Bleus, trompe Julio qui n'esquisse aucun geste (1-0, 25e). La triplette magique Franck Ribéry - Karim Benzema - Thierry Henry est prometteuse mais les réglages semblent encore approximatifs au regard des manqués de Karim Benzema (57e) et Thierry Henry (40e). La seconde période tourne même à l'avantage des visiteurs qui auraient peut-être mérité de revenir au score par Polo (73e).
Les Français s'en remettent aux interventions salvatrices de Lilian Thuram et Claude Makélélé, omniprésents, sources de satisfactions pour le sélectionneur national. Les Bleus gèrent cette fin de match à leur main. Raymond Domenech retient que son équipe "n'avait encaissé aucun but dans cette phase de préparation". Il soulignait également qu'il "était plus attentif à la manière qu'au résultat". Son groupe lui a donné raison. Pourtant de ce match on serait plus tenté de retenir le résultat que la manière. Mais on ne gagne pas l'Euro en pratiquant un football champagne.
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eurosport.fr)