L'Allemagne a fait parler sa puissance physique pour s'imposer devant le Portugal (3-2) en quarts de finale de l'Euro 2008. Déjà en tête à la pause (2-1), les allemands ont su résister jusqu'au bout au retour des portugais. Ils affronteront le vainqueur de Croatie-Turquie pour une place en finale.
Euro 2008 - 1/4 de finale :
Allemagne - Portugal :
3-2
Buts : Schweinsteiger (22e), Klose (26e) et Ballack (62e) pour l'Allemagne - Nuno Gomes (40e) et Postiga (87e) pour le Portugal.
Prévenez les autres quart-de-finalistes : l'Allemagne est de retour ! Alors qu'elle s'était un peu égarée lors d'un premier tour laborieux à souhait, la Mannschaft a opéré une formidable mise au point en piétinant le Portugal (3-2) qui n'a pas eu le temps de comprendre ce qui se passait. La Selecçao se présentait pourtant dans un habit de favori tout neuf pour elle et, allez savoir, peut-être un peu grand pour ses jeunes épaules. L'Allemagne a assuré elle-même le réajustement. À sa manière !
"Il ne faut pas se laisser aveugler par le beau jeu et ne pas oublier les vertus qui font notre force." Michael Ballack connaît ses classiques : puiser dans ses racines pour mieux avancer. Il faut dire que jusque là, l'Allemagne intriguait. Favorite ou surcotée ? Joueuse ou pragmatique ? Lucide, Michael Ballack avait bien compris le piège de l'héritage de la Coupe du monde 2006 marquée par le souffle offensif des locaux et
ce label, nouveau outre-Rhin, d'équipe spectaculaire. Pas question donc de se lancer dans un concours d'esthétisme face aux artistes portugais, un combat perdu d'avance. C'est en se branchant en mode physique que l'Allemagne a surclassé son rival, pourtant favori à plus d'un titre.
Michael Ballack enfin vainqueur de Cristiano Ronaldo.
La dynamique semblait en effet du côté lusitanien : quart de finale en 1996, demie en 2000, finale en 2004. Forcément, en 2008, tous les mathématiciens en herbe se disaient que... Surtout qu'en face, l'Allemagne présentait une courbe inverse sur la même période. Depuis le titre européen de 1996, la Mannschaft n'avait tout simplement plus passé le premier tour d'un Euro. Un affront maintenant réparé face à un adversaire qu'elle n'avait curieusement jamais dominé en phase finale (nul en 1984, défaite en 2000). Mais le Portugal portait en lui les germes de l'échec à travers son sélectionneur, Luiz Felipe Scolari, pas très en verve face à des homologues allemands depuis son aventure portugaise (deux revers face à la Grèce de Rehhagel en 2004, défaite pour le podium en 2006 face à Klinsmann).
Au vrai, l'Allemagne n'eut pas besoin de chat noir. Dans les pas d'un Bastian Schweinsteiger décisif (un but et deux passes décisives), d'un
Michael Ballack phénoménal dans son duel avec un excellent Deco et un Lucas Podolski virevoltant sur son côté gauche, les joueurs de Joachim Löw, suspendu pour l'occasion, dépassèrent les doutes liés à leur fraîcheur physique face à une Selecçao qui manqua plusieurs fois le coche en début de seconde période avant de se faire crucifier par Michael Ballack enfin vainqueur de Cristiano Ronaldo, son bourreau de l'année avec Manchester United face à Chelsea. Grisé par sa soif de succès, le Portugal avait tout simplement oublié de réviser ses classiques : l'Allemagne n'est jamais aussi forte que quand on ne l'attend pas. Le bon moyen, finalement, pour être toujours à l'heure.